Monika

Comme le dit Nicolas Meeùs, son concepteur, « Le logiciel Monika est un logiciel de description et d’aide à l’analyse de monodies. C’est un projet ouvert : le logiciel consiste en une macro Excel, formée d’un ensemble de routines écrites en VBA, que les utilisateurs sont invités à compléter en fonction de leurs besoins ».

Monika est le prénom du docteur Stern, son inspiratrice.

Monika Stern, Les femmes, les nattes et la musique sur l’Île de Pentecôte (Vanuatu), thèse de doctorat sous la direcction de François Picard, soutenue à l’Université de Paris Sorbonne en décembre 2002. Petite histoire à la première personne

Participant avec ardeur aux échanges entre médiévistes, grégorianistes, théoriciens, musicoloques, historiences de la musique du Centre de Recherches Langages Musicaux à son incorporation à la Sorbonne (1998), François Picard a pu confronter ses savoir-faire et ses pratiques analytiques développées au contact de la Chine pentatonique et de l’Orient modal à ce qui se fait de mieux en ce qui concerne l’analyse des musiques européennes. Un problème commun touche l’analyse mélodique, celle de la détermination du degré premier de l’échelle ; le sens commun (en Chine, en France, en Inde) suggère la finale, mais de nombreux exemples montrent que ce critère est insuffisant, fallacieux, trompeur, même s’il est souvent énoncé, et souvent efficace. L’idée a germé, à la lecture d’’une partita de JS Bach, d’effectuer un décompte des occurrences des hauteurs nominales et des notes, décompte vite accopagné de celui des durées totales occasionnées par celles-ci. Apparaissent alors les notes fixes, les notes variables, les pôles, et plein d’autres critères vrais jusque là jugés subjectifs.

Réexposant cette méthode artisanale lors d’une séance suivante du CRLM, F. Picard s’est vu rétorqué par Nicolas Meeùs « on ne compte pas les fa# ». tenant compte de la critique, il l’a comprise comme : « les fa# ne comptent pas », c’est-à-dire : il convient dans un système modal, tonal ou pentatonique de compter les fa, c’est-à-dire les notes, les degrés, et non les fréquences en Hz ; du point de vue du système, si on a soigneusement transposé au naturel ou au système dans sa vérité, fa et fa# fonctionnent à un niveau comme deux degrés, mais à un autre comme une note.

D’où la nécessité de coder les notes/hauteurs/degrés, leurs durées respectives, puis de pouvoir mettre tout àa en tableaux et poser des questions aux nombres obtenus.

Puis Monika Stern revient du vanuatu avec nombre de pièces enregistrées, transcrites, et presqu’autant de collections de notes formant échelles, avec surtout des intervalles extrêmement variables à l’intérieur de l’échelle (par exemple du grave à l’aigu sol do mi fa sol sib). Monika Stern avait déniché un outil analytique dans un article de Chenoweth et Bee, et avait tenté de l’utiliser, mais avec des résultats tout sauf probant :

Vida CHENOWETH et Darlene BEE, « Comparative-Generative models of a New Guinea melodic structure », American Anthropologist LXXIII/3 (1971), p. 774.

Après avoir montré les nombreuses erreurs factuelles et intellectuelles de l’outi proposé par Chenoweth et Bee, F. Picard a proposé à M. Stern de compter les notes, les occurrences… avec un résultat lumineux, remarquable, inattendu, vérifiable et vérifié : la démonstration d’un système d’échelles complet, intelligent, économe, jamais décrit auparavant.

Nicolas Meeùs, séduit par les résultats et presque convaincu par la méthode, se l’est appropriée, et a écrit ce petit programme, l’a mis au moins, fait circuler, puis ouvert au monde, où il vit sa vie. Améliorations en vue

Au contraire de beaucoup de musicologues de l’Europe classique, les ethnomusicologues, comme les pratiquants des musiques anciennes, ont l’habitude de transcrire eux-mêmes leurs partitions, en général sous Finale, et trouvent fastidieux d’avoir à recoder celles-ci dans la notation en toutes lettres qu’exige Monika. Une longue recherche sur le WEB et à travers de nombreuses questions et discussions n’avait pu aboutir à une interface de traduction, jusqu’au jour (24 décembre 2006) où un voyage en train pour un concert de Noël à Cologne a permis à F. Picard d’en discuter avec Carine Moretton, flûtiste à bec, qui l’a derechef présenté à son compagnon, Benoît Pin, du Centre de recherche en informatique de l’École des Mines de Paris, qui a aussitôt dit aussitôt fait en trois clics et quelques lignes écrit un programme permettant l’importation dans Monika sous Excel des données (notes, durées) au format XML exportées depuis Finale. Il reste à en écrire une version toutes plateformes. Conclusion

Libre, gratuit, convivial, Monika le logiciel est téléchargeable

François Picard

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