Soutenance de thèse: Filippo Bonini Baraldi: L’ÉMOTION EN PARTAGE. APPROCHE ANTHROPOLOGIQUE D’UNE MUSIQUE TSIGANE DE ROUMANIE

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Filippo Bonini Baraldi, Thèse de doctorat, Ethnologie Spécialité Ethnomusicologie

L’ÉMOTION EN PARTAGE. APPROCHE ANTHROPOLOGIQUE D’UNE MUSIQUE TSIGANE DE ROUMANIE

Membres du jury :

M. Emmanuel Bigand (co-directeur)
Mme Laurence Caillet
Mme Florence Dupont
M. Steven Feld
M. Bernard Lortat-Jacob (co-directeur)download
Mme Speranţa Rădulescu

“Cette étude aborde le thème de l’émotion musicale d’une perspective anthropologique. Elle se base sur deux hypothèses centrales. La première est que la musique offre un moyen privilégié pour comprendre les émotions au sein d’une société donnée. La seconde suppose qu’une ethnographie focalisée sur les affects permet d’expliquer quelles significations les membres d’une communauté accordent à leurs pratiques musicales. Les Tsiganes de Ceuaş, petit village de Transylvanie centrale, disent que « la bonne musique est celle qui fait pleurer ». Cette expression n’a rien d’anecdotique : lors des mariages, funérailles, baptêmes, fêtes familiales, les musiciens peuvent pleurer en jouant, tout comme leurs auditeurs en les écoutant. L’analyse de ces circonstances de « pleurs musicaux » aboutit à deux résultats principaux. D’une part un modèle qui se base sur trois modes différents de production de l’émotion musicale : 1) la « fabrication » en service professionnel, où il s’agit de parvenir à toucher les clients ; 2) l’« expression » à l’occasion des fêtes spontanées entre Tsiganes, où les musiciens eux-mêmes pleurent en jouant ; 3) le « partage » lors des funérailles, où les « proches » (neamuri) du défunt engagent les « éloignés » (străini) sur le plan de l’affect. D’autre part elle permet l’identification de trois invariants de l’émotion musicale, présents à chaque occasion où l’on pleure avec la musique : une esthétique sonore du « chagrin » (jale) ; des associations entre mélodies et personnes particulières ; et une qualité du sujet (la milă, « compassion, pitié »), que les Tsiganes perçoivent comme identitaire. Les acquis du terrain sont interrogés à un niveau théorique, dans l’objectif de dégager quelques pistes de réflexion autour de la notion d’empathie – traduction la plus générale du mot milă – et de son utilité dans le domaine musical”. FBB

Le 24 septembre à 15h30 à l’Université Paris Ouest Nanterre, Salle de thèses B016

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