Soutenance de thèse: “Le corps, laboratoire de soi et du monde. Anthropologie d’un réseau de danseurs de butô à Kyôto.” par Cécile Iwahara

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Lundi 10 janvier 2010 à 9h, à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Maison René Ginouvès de l’Archéologie et de l’Ethnologie (MAE)
21 allée de l’Université à Nanterre
3ème étage, Salle 308

La soutenance sera suivi d’un pot.

MEMBRES DU JURY
M. Christian Biet, Professeur des Universités, Paris Ouest-Nanterre La Défense.
Mme Laurence Caillet, Professeur des Universités, Paris Ouest-Nanterre La Défense.
M. Michael Houseman, Directeur d’études, EPHE, Paris.
M. Michael Lucken, Professeur des Universités, INALCO, Paris (rapporteur).
Mme Georgiana Wierre-Gore, Professeur des Universités, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand (rapporteur).
M. Kazuhiko Yatabe, Maître de conférences, Université Paris Diderot, Paris.

RESUME
Danse d’avant-garde, le butô est né au Japon dans les années 1950 d’une hybridation d’avant-gardes artistiques européennes et de formes scéniques populaires japonaises. Autrefois plus connu dans les pays occidentaux qu’au Japon, alternativement tenu pour une forme de danse contemporaine ou un art typiquement japonais, le butô fait depuis une dizaine d’années l’objet d’une revalorisation au Japon. À partir de l’ethnographie d’un réseau de danseurs de butô à Kyôto, la présente étude explore les manières dont, dans un contexte de globalisation communément associé, au Japon, à une crise morale, sociale et économique, ils font du corps tout à la fois la matière, l’outil et le foyer subjectif d’une transformation de soi et du monde. L’étude rend compte des imbrications et des interprétations mouvantes de notions constamment invoquées : la singularité, l’universalité et la japonéité. Ainsi, l’un des principes fondateurs du butô, le « corps en déclin », autrefois mis en scène dans un esprit de contestation d’une société « moderne et capitaliste », apparaît aujourd’hui comme une quasi-métaphore d’un pays lui-même déclinant. Un autre principe, une mobilisation du bassin induisant l’ancrage dans le sol, associé par les danseurs à des valeurs asiatiques, tend à le supplanter. L’étude s’attache ainsi à décrire, dans les gestes mêmes, comment l’incessante recréation des valeurs fondatrices du butô sous-tend à la fois des aspirations à transformer le politique et un questionnement éminemment intime : la frontière entre la vie et la mort.

Mots clefs
Anthropologie de la danse, corps, Japon, self, universalité, japonéité, auto-exotisme.

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